Actualisée
le 13 mai 2008
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Le point sur
Big Brother - 1 Juil 2007
Le point sur Big
Brother - 2 Août
2007
Le point sur Big
Brother - 3 Sept/Oct
2007
Le point sur Big
Brother - 4 Nov/Dec 2007
Le point sur Big
Brother - 5 Jan/Mars
2008
- Les
gendarmes du Web se dotent de nouveaux radars
- Le
Kremlin resserre son contrôle sur le Net
- RG,
DST : la réforme du renseignement est sur les rails
- La
police parisienne chasse le Tibétain pour Pékin
- Les
empreintes digitales, un bien privé ?
- La
censure d'internet déjà au coeur des JO de
Pékin
- Vers
un échange de données policières entre
l'Europe et les Etats-Unis
- Soldat
sous haute surveillance
- Les
services secrets britanniques accusés de torture
- L'UE
criminalise l'incitation au terrorisme sur Internet
Le moteur policier de recherche français pour traquer les déviants à la pensée du grand chef.
Le pouvoir n'en fini plus de se doter des outils
de surveillance et de contrôle de tout ce qui existe ou
transite sur le Net, ce grand espace de
liberté, de communication, d'informations et de partage
culturel entre les hommes. Or quand un pouvoir s'avise de
surveiller et de contrôler ce que disent, pensent,
échangent ou communiquent les citoyens, c'est qu'il a l'intention
claire de traquer puis d'éliminer ceux qui ne lui tressent
pas des couronnes ou qui sont susceptibles
de faire sortir d'une manière ou d'une
autre leurs concitoyens de l'anesthésie
dans laquelle ils ont été patiemment et
méthodiquement plongés. A
l'évidence, quel que soit le costume qu'enfile ce pouvoir et
les discours qu'il tient, il n'est
plus légitimement démocratique et se
range dans la catégorie des dictatures
autoritaires dont nous savons que les prémices
sont suivies d'un cortège de malheurs.
Avec Advestisearch, ce moteur de recherche policier au doux nom
anglais, la haute hiérarchie du pouvoir
français dispose donc du moyen
de lister tout ce qui contient sur le Net (site, fichier, image,
vidéo, mails, etc...) l'un quelconque des mots ou
expressions qu'il jugera seul être un indice de
"déviance". En cela il satisfait
le commissaire
européen en charge de la
justice
et de la sécurité qui voulait
il y a quelques
mois, "empêcher
des gens d'utiliser et de chercher des mots dangereux comme bombe,
tuer, génocide ou
terrorisme".
Quant à
l'intitulé de ce Service technique de recherches judiciaires
et
de documentation qui est en charge de cette traque, il est suffisamment
vague pour ressembler à ceux couramment employés
pour abriter des activités peu avouables ou en tous cas
nécessitant que l'on ne s'y intéresse pas. Un
indice de plus en quelque sorte.
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L'Internet russe sous total contrôle du pouvoir... comme en France... et bientôt partout ailleurs.
L'expérience montre que depuis les
années 50, ce qui
se fait aux Etats-Unis arrive quelques temps plus tard chez nous.
Ainsi, prévoir les évolutions de notre
environnement sociologique, de notre économie, des tendances
culturelles, des technologies ou même du comportement du
monde politique, devient un jeu d'enfant puisqu'il suffit de
s'intéresser à l'autre coté
de l'Atlantique. Cet état de fait se
renforce aussi bien dans l'importance que dans la rapidité
du transfert avec l'arrivée au pouvoir en France d'un
américanophile à la limite de la caricature,
et de la stratégie
mondialiste qui impose partout un seul et unique modèle
actuellement calqué sur les USA. Cependant,
s'il est un secteur où la
mondialisation fournie - avec le prétexte du terrorisme -
l'occasion de construire un modèle pour tous les pays en
réunissant les "avancées" les plus liberticides
expérimentées ailleurs qu'aux Etats-Unis, c'est
bien le contrôle, la surveillance et la
pénalisation des citoyens. De ce fait, il convient
aussi de s'intéresser à ce qui ce fait ailleurs
dans la matière. En cela, la Russie offre une
philosophie et quelques "outils" qui sont en cours d'installation chez
nous comme la plate-forme d'écoute du
ministère de la justice ou le Service technique de
recherches judiciaires
et
de documentation (voir article ci-dessus) qui sont d'autant
plus dangereux qu'ils ne sont pas aussi autoritairement
évidents et qu'ils ne font pas l'objet d'une
grande publicité.
Comme il se trouve que l'américanophile président
français partage manifestement en la matière la
même démarche - y compris physique (le
mimétisme est étonnant !) - que l'ex-agent de
renseignements Poutine, la chape de plomb qui s'abat sur Internet
russe annonce le même traitement pour l'Internet
français comme le suggère clairement l'annonce
de la nomination d'un cyber-espion à l'Elysée.
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La super agence du pouvoir politique pour espionner les Français. Secret défense en prime.
En
matière de protection du pays, l'espionnage
extérieur
est le principal outil puisque le danger ne peut venir
en
premier que de l'étranger. Cette
évidence était valable au
temps
où la première mission du pouvoir
était de veiller à
la sécurité de la nation. Ce n'est plus le cas
aujourd'hui, d'une part parce que la nation n'existe plus en tant que
telle dans la mesure où elle sera sous peu
administrée par
l'Europe
et d'autre part parce que le
pouvoir craint plus le Peuple qu'une quelconque autre menace.
Ainsi, la
philosophie, les
attributs et les moyens du renseignement extérieur,
sensé
protéger la nation, vont maintenant être
utilisés à
l'intérieur du pays, c'est à dire vers les
citoyens,
considérés de fait comme une menace potentielle.
Le nom de l'entité chargée de cette "mission" ?
La Direction centrale du
renseignement intérieur (DCRI). Produit d'un curieux
consensus droite-gauche, et dans
l'air depuis quelques temps, sa structure et ses
missions s'apparentent à celles d'une super
agence à l'inspiration américaine,
déconnectée
de la république et dépendant uniquement du haut
pouvoir central. De fait, la fusion des "cultures" et des
moyens des RG - dont la fiabilité d'une bonne part
des informations relève du relais ou de la
fabrication de rumeurs quand ce n'est pas de la pure manipulation
- et de la DST - dont les actions sont
couvertes par le secret défense propre
à toutes missions de contre-espionnage - donne naissance
à un formidable
outil cumulant, sans contrôle, sans recours et donc en toute
impunité, la surveillance et la répression sociale
au service pratiquement exclusif du pouvoir exécutif
politique. On ne peut pas s'empêcher de penser
aux nombreux exemples de "dérives" fournis par le
KGB, la CIA
ou d'autres, qui démontrent comment, sans rendre de
comptes, des
"officines d'Etat" au service des volontés ou des
intérêts de leurs patrons, peuvent faire
disparaître n'importe qui dans les caves de "pays
amis", ou enfermer des "combattants" de troisième ordre
à Guantanamo ou ailleurs. Qu'est-ce
qui nous garantie si le pouvoir vire à la paranoïa
(dont les signes se font déjà sentir), s'il
satisfait avec empressement à des ordres venus
d'ailleurs (le
comportement policier lors de l'épique passage de la flamme
olympique à Paris en est un exemple) ou s'il passe dans des
mains vert-de-gris, qu'un citoyen devenu gênant à
ses yeux ne puisse pas
être "ciblé" par les Services
départementaux de l'Information
générale (ex RG) qui le
refileront sans
formalités administratives et sans contrôle
à la DCRI (section ex-DST)
couverte par le secret défense qui se chargera de le
faire disparaître purement et simplement de la
circulation
sans que la justice puisse être au courant et même
saisie ?
Voici donc un "outil" dont l'idée vient évidement
du ministre de l'Intérieur devenu
président, qui comme d'habitude prend prétexte
de la protection des français et qui, de la
même manière qu'aux Etats-Unis avec le Patriot
Act, remplira logiquement le rôle de mise en
coupe réglée de la société.
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Pékin, la prochaine direction du Ministère français de l'Intérieur ?
A
voir la manière dont les forces de l'ordre
françaises
composant le dispositif de "protection" de la flamme
olympique se
sont employées
avec une grande application et un
indéniable savoir-faire qui ne s'improvise pas
à adopter les
pratiques de leurs collègues chinois,
on se dit qu'il est des
fraternités de "métier" qui transcendent les
frontières quels que soient les types de
société
dès lors que le pouvoir qui les emploie sait judicieusement
motiver le
courage que donne l'uniforme et la proximité
du groupe et laisser libre court à
l'expression des instincts
que l'on attribue faussement aux animaux.
C'est le cas tout spécialement du
mimétisme
flagrant
que nous constatons entre le policier chinois en poste à
Lhassa
ou à Shanghaï, celui de Santiago du Chili aux
grandes heures
de l'ordre pinochesque, celui de Goslan, d'Abû Graib, du
policeman
blanc affecté aux banlieues noires du Cap de
l'apartheid,
celui de Kigali, du Paris de Charonne et maintenant de la flamme
olympique. J'en passe et des meilleurs ou des moins bons, c'est selon
les recruteurs, les donneurs d'ordre et ceux qui sont en
charge de
les sanctionner.
Car une chose est certaine, les robocops qui arrachent le drapeau inoffensif du
manifestant qui ne l'est pas moins, qui tabassent ouvertement
des citoyens qui ne menacent rien ou des journalistes
qui font leur travail n'adoptent pas de telles manières sans
y
être au minimum autorisés et plus certainement
invités. Dès lors, constatant que ce
n'est pas le fait d'individus isolés, ne
faut-il pas prendre le compliment qui leur a
été
adressé publiquement à cette occasion
par l'autorité suprême
supérieure, en l'occurrence le ministre, pour ce qu'il est
et
en conclure que notre république n'est pas seulement aphone
sur les droits de l'homme mais en passe de les traiter
"à la chinoise".
Moralité, que ceux qui pensent ne rien craindre de la police
parce qu'ils n'ont rien à se reprocher évitent
d'agiter un drapeau ou de scander quelques mots,
même à voix mesurée, tant qu'ils ne
sont pas certains que leur calicot et leur slogan sont à la
gloire du pouvoir ou de ses obligés. Ne souriez pas. En
abandonnant à la Chine l'organisation du passage de la
flamme olympique à Paris, les dirigeants français
ont démontré que la
République n'est plus maître chez elle et
que le modèle chinois s'en vient à grands pas...
cadencés. En tous cas dans cette perspective, on est
sûr que les foces de l'ordre chargées des
rassemblements sur la voie publique est manifestement
déjà formée... à la
chinoise.
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Nos empreintes et bientôt nous même ne seront plus considérés comme un bien privé.
L'expression "Ne
plus s'appartenir"
va prendre une nouvelle dimension dès que la notion
de bien
public va être appliquée à nos
empreintes
digitales, ce à quoi s'emploient les USA, le Canada, le
Royaume-Unis et l'Australie. L'argument pour parvenir
à cette notion antinomique postule que si nos empreintes
digitales - et par extension notre ADN - sont
effectivement personnelles, elles ne sont plus privées
dès l'instant ou nous en laissons la trace hors de
chez
nous et par voie de conséquence que rien ne s'oppose
à ce qu'elles soient communiquées, échangées,
stockées, utilisées sans notre consentement par
n'importe quelle autorité - officielle ou pas - nationale ou
étrangère. Les vrais juristes, les purs
humanistes et les gens de bon sens
apprécieront cette interprétation toute en
finesse et
frémiront à l'idée des
possibilités qu'elle
ouvre en terme de traitement
public de la vie privée et de l'usage
qui peut être fait de ce qui nous est le plus personnel.
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La Chine assurée de la médaille d'or au JO de la censure sur Internet.
S'il est un domaine où la censure est
la plus tentée de s'exprimer, c'est en premier lieu
dans les médias difficilement contrôlables. A ce
titre Internet
est le pire ennemi des pouvoirs autoritaires car il permet
à chaque internaute d'écrire ce qu'il pense,
sait et voit et de lire ce que d'autres pensent, savent et
voient, de sorte que les échanges et les informations qui y
circulent sont riches, complémentaires et très
difficilement instrumentables. Les dirigeants chinois qui ne sont rien
d'autres que les anciens mandarins communistes relookés en
patrons libéraux à la
tête d'un vaste outil humain de production
à tarifs hyper compétitifs, ont
largement démontré que la censure fait partie
intégrante de leur gouvernance. S'appuyant sur une tradition
culturelle de contrôle et d'oppression de leur population,
ils ne s'embarrassent pas de fioritures en la
matière et ont donc du mal à comprendre pourquoi
nous dénonçons ces méthodes qui par
ailleurs permettent de maintenir
"l'outil humain de production" à un niveau de service et de
coût que nos dirigeants économiques
apprécient.
De ce fait, la théorie qui voudrait que l'attribution des JO
à la Chine soit une occasion d'y faire rentrer les droits de
l'homme aura beaucoup de mal à démontrer son bien
fondé, d'autant que nos dirigeants à nous ne
cachent pas, au mieux leur passivité face aux
délocalisations et au pire une certaine
admiration du modèle chinois. De toute
façon, à voir comment la Chine lors du passage de
la flamme olympique à Paris, a imposé
sur notre territoire sa conception du maintien de l'ordre et de la
censure, on peut être certain que la
portée des symboliques ou hypothétiques rappels
occidentaux aux droits de l'homme n'ira pas au-delà des
communiqués à destination de nos
médias.
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Pas de frontières pour la police de Big Brother.
Deux mois après le 11 septembre 2001,
les États-Unis ont instauré l'Aviation and Transportation
Security Act qui impose à toutes
les compagnies aériennes dont les avions
atterrissent ou décollent de ses aéroports de fournir
les données PNR
(Passenger Name Records) de leurs passagers. Les risques
évidents soulevés par le Parlement
européen concernant la protection
de la vie privée et des données personnelles des
voyageurs ressortissant des Etats membres de l'Europe se rendant ou
transitant par les USA, n'a pas
empêché la commission européenne puis
le conseil européen (tous deux non élus)
d'accepter le dispositif américain par la
décision 2004/496/CE du 17 mai 2004 qui sera
ensuite annulée le 30 mai 2006
par la cour européenne pour abus de compétence
à conclure l'accord.
Les deux ans à peine qui nous séparent de cet
épisode où on pouvait encore espérer
que la protection des données personnelles de chaque citoyen
suscitait quelques considérations,
ont suffit à balayer les oppositions et à
augmenter le nombre, la taille et la puissance des tentacules de la
pieuvre Big Brother.
En effet, comme on pouvait s'y attendre, la commission
européenne s'apprête à
concéder bien plus encore que l'accord
finalement intervenu en juin 2007avec les USA sur le dispositif PNR
puisqu'elle est sur le point de donner
aux services US l'accès aux
bases de données policières
européennes contenant les informations personnelles de
chaque citoyen européen. Comme
d'habitude, l'opération est cousue d'un fil
aussi gros et blanc que le prétexte de la
commodité de se
passer des visas qui, comme par hasard venaient juste
d'être réintroduits.
La surveillance
des voyageurs a pris le pas sur la traque des terroristes, ce
dont nous ne doutions plus beaucoup.
Ainsi, grâce à cet accord à
venir, la
commission européenne apporte sa seconde pierre
à
l'édification de la base
de données mondiale juste
après avoir
préalablement constitué à dessein le fichier
génétique européen.
En attendant, la récente publication d'une enquête par la
commission européenne semble venir
à point pour justifier le bien fondé de l'accord.
Elle indique en effet que le partage des données dans le but
de combattre le terrorisme
par le contrôle des passagers sur les vols
aériens serait considéré par 82% des
sondés
comme une nécessité
tout en concédant pour la forme que la majorité
de ceux-ci estiment que cela doit se faire dans "des limites clairement
définies" et ne concerner que des "personnes suspectes".
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L'armée du futur proche en préparation: des troupes de soldats zombies
Voir ma chronique Les
armées
de demain: des troupes de soldats zombies pour mater les
révoltes populaires ?
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De l'utilité de faire faire la sale besogne par les autres.
Pour un Etat il y a deux manières de
faire des actes
illégaux ou moralement indéfendables sans en
porter la responsabilité officielle: Les couvrir
par la raison d'Etat ou le secret défense - si
possible sans avoir à les invoquer publiquement -
ou
bien les faire
accomplir par des supplétifs intérieurs ou
extérieurs en veillant à ce qu'aucun
liens concrets ou objectifs ne permettent d'impliquer le
commanditaire.
Si malgré sa perte complète de
crédibilité
populaire, la première option reste une valeur
sûre en
terme d'étouffoir de vérités,
la seconde
offre une palette de possibilités qui ne cessent de grandir
en
proportion des moyens que permet le prétexte
de la lutte contre le terrorisme.
C'est ainsi que l'internationale du renseignement et des services
spéciaux tisse entre ses membres des liens extra-nationaux
échappant à tous contrôles et offrant
la
possibilité d'échanges
de services dont les "prisons secrètes" de la CIA
et leurs
complicités européennes sont
une illustration.
C'est
aussi le développement des officines de surveillance et de
sécurité comme l'américain Blackwater
dont les
services permettent la réalisation
d'opérations
sans
avoir à se salir les mains.
Dès lors, le simple fait que les services du MI5 aient fait
arrêter au Pakistan, puis détenir et "interroger"
des
"suspects" britanniques par leurs homologues pakistanais, suffit
à leur imputer la paternité du souhait
du traitement musclé.
Nul doute que sous le prétexte de la lutte contre le
terrorisme
et du double développement
des coopérations
internationales et des zones
de non-droit dont
bénéficient de plus en plus les services de
renseignements, ce genre de sous-traitance de la terreur
d'Etat va augmenter auprès de supplétifs
extérieurs à la juridiction ou
déjà réputés barbares...
avec bien entendu la réciprocité. Tout ceci en
attendant la mise en pratique et l'exportation de la récente
jurisprudence américaine qui permettra
en la matière de passer au-dessus du droit international.
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L'histoire n'a pas cessé de montrer que
l'obstination d'un pouvoir politique à
créer, à entretenir et à ne pas
sanctionner des
injustices flagrantes ou à installer une
hégémonie autoritaire, finit toujours par mener
les populations
victimes sur la voie
du désespoir qui conduit à
la seule
issue de la violence. C'est d'ailleurs en
prévision de cette
issue naturelle que ce genre de pouvoir s'entoure très
tôt
des instruments
de surveillance, de contrôle et de répression,
comme s'il avait instinctivement la sensation d'être
illégitime et donc en danger permanent. Ainsi, lorsque
commencent à apparaître les dénonciations
d'injustices, les
révélations
sur le comportement des dirigeants et
la
démonstration
de leurs véritables intentions, ces
derniers durcissent le ton et n'hésitent souvent pas
à
actionner les ressorts de la peur pour stopper la contagion de
ceux qui font état de la réalité. Pour
cela l'amalgame de l'évocation répulsive d'une
forme non historique du terrorisme et la mise en place de
lois sur mesure sont des valeurs sures qui permettent en fait de justifier
la censure et la mise à l'écart des
éclaireurs de réalités.
Autrefois, cela s'appelait le délit de lése
Majesté, aujourd'hui en Chine cela
s'appelle le délit de subversion, ailleurs celui de
conspiration et l'Europe adopte donc celui d'incitation au terrorisme,
formule suffisamment floue et large pour y englober rapidement la
dénonciation des injustices ou de l'étau
autoritaire menés ou couverts
par un Etat, lesquels sont les premiers
vecteurs
de la rébellion et donc.... un ferment
de terrorisme dans la phraséologie dirigeante.
Comme d'habitude l'argument politique et technique qui justifie la mise
en place du cadre juridique repose sur du sable car le premier
imbécile venu conviendra que le
secret, les précautions et le cloisonnement sont le B.A BA
des vrais professionnels poseurs de bombes
(et des vrais résistants) et que l'Internet
hyper surveillé est bien l'endroit le moins
"sécurisé" pour ce genre
d'entreprise. Pour ceux qui en doute, il suffit d'imaginer un instant
l'incongruité (ou le piège grossier) en 1943
que présenterait un article
signé ou un encart publicitaire dans un journal
contrôlé par la propagande de l'occupant
expliquant comment rejoindre le maquis, organiser le
déraillement d'un train, à quel endroit ou
filière se fournir de l'explosif, ou les
manières de recruter des résistants alors qu'une
feuille de choux clandestine ne s'y risquerait même pas.
C'est donc bien l'information libre, les liens citoyens qui se tissent
et la pertinence des analyses qui foisonnent sur l'Internet qui
semblent visées à terme par cette disposition
pénale dont les deux objectifs logiques
seraient d'offrir
la possibilité d'embastiller ou de bâilloner les
dénonciateurs de responsables des malheurs en cours et
à venir, et d'interdire
aux autres de leur emboîter le pas.
Par contre, ce n'est évidement pas le cas de l'incitation à la guerre
puisqu'elle prend toujours sa source dans les
sphères dirigeantes comme le rappelait à
Nuremberg Hermann Goering avec une désarmante
franchise: “Naturellement,
l’homme du peuple ne désire pas la guerre, mais
après tout, c’est aux décideurs du pays
de
déterminer les directions. Et il est toujours
très facile
d’y entraîner le peuple, qu’il
s’agisse
d’une démocratie, d’une dictature
fasciste,
d’un parlement, ou d’une dictature communiste.
Qu’il
ait droit de paroles, ou non, le peuple peut-être facilement
plié à la volonté des
décideurs. Vous
n’avez qu’à lui dire qu’il est
attaqué,
et vous accusez ensuite les pacifistes d’exposer leurs pays
au
danger, par leur manque de patriotisme. Ça fonctionne de la
même façon dans tous les pays.".
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