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Actualisée le 13  mai 2008


LE POINT SUR LE CONTRÔLE ET LA SURVEILLANCE DES POPULATIONS -  6  (Avril-Mai 2008)
Surveillance - Biométrie - Puçage - Traçage - RFID - Fichage - Empreinte ADN - Police  

La revue de presse qui est mise à jour régulièrement est une sélection personnelle.
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- Les gendarmes du Web se dotent de nouveaux radars
- Le Kremlin resserre son contrôle sur le Net
- RG, DST : la réforme du renseignement est sur les rails
- La police parisienne chasse le Tibétain pour Pékin
- Les empreintes digitales, un bien privé ?
- La censure d'internet déjà au coeur des JO de Pékin
- Vers un échange de données policières entre l'Europe et les Etats-Unis
- Soldat sous haute surveillance
- Les services secrets britanniques accusés de torture
- L'UE criminalise l'incitation au terrorisme sur Internet

Le moteur policier de recherche français pour traquer les déviants à  la pensée du grand chef. 

Les gendarmes du Web se dotent de nouveaux radars

Le pouvoir n'en fini plus de se doter des outils de surveillance et de contrôle de tout ce qui existe ou transite sur le Net, ce grand espace de liberté, de communication, d'informations et de partage culturel entre les hommes. Or quand un pouvoir s'avise de surveiller et de contrôler ce que disent, pensent, échangent ou communiquent les citoyens, c'est qu'il a l'intention claire de traquer puis d'éliminer ceux qui ne lui tressent pas des couronnes ou qui sont susceptibles de faire sortir d'une manière ou d'une autre leurs concitoyens de l'anesthésie dans laquelle ils ont été patiemment et méthodiquement plongés.  A l'évidence, quel que soit le costume qu'enfile ce pouvoir et les discours qu'il tient, il n'est plus légitimement démocratique et se range dans la catégorie des dictatures autoritaires dont nous savons que les prémices sont suivies d'un cortège de malheurs.
Avec Advestisearch, ce moteur de recherche policier au doux nom anglais, la haute hiérarchie du pouvoir français dispose donc du moyen de lister tout ce qui contient sur le Net (site, fichier, image, vidéo, mails, etc...) l'un quelconque des mots ou expressions qu'il jugera seul être un indice de "déviance". En cela il satisfait le commissaire européen en charge de la justice et de la sécurité qui voulait il y a quelques mois, "empêcher des gens d'utiliser et de chercher des mots dangereux comme bombe, tuer, génocide ou terrorisme".
Quant à l'intitulé de ce Service technique de recherches judiciaires et de documentation qui est en charge de cette traque, il est suffisamment vague pour ressembler à ceux couramment employés pour abriter des activités peu avouables ou en tous cas nécessitant que l'on ne s'y intéresse pas. Un indice de plus en quelque sorte.
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L'Internet russe sous total contrôle du pouvoir... comme en France... et bientôt partout ailleurs.

Le Kremlin resserre son contrôle sur le Net

L'expérience montre que depuis les années 50, ce qui se fait aux Etats-Unis arrive quelques temps plus tard chez nous. Ainsi, prévoir les évolutions de notre environnement sociologique, de notre économie, des tendances culturelles, des technologies ou même du comportement du monde politique, devient un jeu d'enfant puisqu'il suffit de s'intéresser à l'autre coté de l'Atlantique. Cet état de fait se renforce aussi bien dans l'importance que dans la rapidité du transfert avec l'arrivée au pouvoir en France d'un américanophile à la limite de la caricature, et de la stratégie mondialiste qui impose partout un seul et unique modèle actuellement calqué sur les USA. Cependant, s'il est un secteur où la mondialisation fournie - avec le prétexte du terrorisme - l'occasion de construire un modèle pour tous les pays en réunissant les "avancées" les plus liberticides expérimentées ailleurs qu'aux Etats-Unis, c'est bien le contrôle, la surveillance et la pénalisation des citoyens. De ce fait, il convient aussi de s'intéresser à ce qui ce fait ailleurs dans la matière.  En cela, la Russie offre une philosophie et quelques "outils" qui sont en cours d'installation chez nous comme la plate-forme d'écoute du ministère de la justice ou le Service technique de recherches judiciaires et de documentation (voir article ci-dessus) qui sont d'autant plus dangereux qu'ils ne sont pas aussi autoritairement évidents et qu'ils ne font pas l'objet d'une grande publicité. 
Comme il se trouve que l'américanophile président français partage manifestement en la matière la même démarche - y compris physique (le mimétisme est étonnant !) - que l'ex-agent de renseignements Poutine, la chape de plomb qui s'abat sur Internet russe annonce le même traitement pour l'Internet français comme le suggère clairement l'annonce de la nomination d'un cyber-espion à l'Elysée.
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La super agence du pouvoir politique pour espionner les Français. Secret défense en prime.

RG, DST : la réforme du renseignement est sur les rails

En matière de protection du pays, l'espionnage extérieur est le principal outil puisque le danger ne peut venir en premier que de l'étranger. Cette évidence était valable au temps où la première mission du pouvoir était de veiller à la sécurité de la nation. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, d'une part parce que la nation n'existe plus en tant que telle dans la mesure où elle sera sous peu administrée par l'Europe et d'autre part parce que le pouvoir craint plus le Peuple qu'une quelconque autre menace. Ainsi, la philosophie, les attributs et les moyens du renseignement extérieur, sensé protéger la nation, vont maintenant être utilisés à l'intérieur du pays, c'est à dire vers les citoyens, considérés de fait comme une menace potentielle. Le nom de l'entité chargée de cette "mission" ? La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Produit d'un curieux consensus droite-gauche, et dans l'air depuis quelques temps, sa structure et ses missions s'apparentent à celles d'une super agence à l'inspiration américaine, déconnectée de la république et dépendant uniquement du haut pouvoir central. De fait, la fusion des "cultures" et des moyens des RG - dont la fiabilité d'une bonne part des informations relève du relais ou de la fabrication de rumeurs quand ce n'est pas de la pure manipulation -  et de la DST - dont les actions sont couvertes par le secret défense propre à toutes missions de contre-espionnage - donne naissance à un formidable outil cumulant, sans contrôle, sans recours et donc en toute impunité, la surveillance et la répression sociale au service pratiquement exclusif du pouvoir exécutif politique. On ne peut pas s'empêcher de penser aux nombreux exemples de "dérives" fournis par le KGB, la CIA ou d'autres, qui démontrent comment, sans rendre de comptes, des "officines d'Etat" au service des volontés ou des intérêts de leurs patrons, peuvent faire disparaître n'importe qui dans les caves de "pays amis", ou enfermer des "combattants" de troisième ordre à Guantanamo ou ailleurs.   Qu'est-ce qui nous garantie si le pouvoir vire à la paranoïa (dont les signes se font déjà sentir), s'il satisfait avec empressement à des ordres venus d'ailleurs (le comportement policier lors de l'épique passage de la flamme olympique à Paris en est un exemple) ou s'il passe dans des mains vert-de-gris, qu'un citoyen devenu gênant à ses yeux ne puisse pas être "ciblé" par les Services départementaux de l'Information générale (ex RG) qui le refileront sans formalités administratives et sans contrôle à la DCRI (section ex-DST) couverte par le secret défense qui se chargera de le faire disparaître purement et simplement de la circulation sans que la justice puisse être au courant et même saisie ?
Voici donc un "outil" dont l'idée vient évidement du ministre de l'Intérieur devenu président, qui comme d'habitude prend prétexte de la protection des français et qui, de la même manière qu'aux Etats-Unis avec le Patriot Act, remplira logiquement  le rôle de mise en coupe réglée de la société
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Pékin, la prochaine direction du Ministère français de l'Intérieur ?

La police parisienne chasse le Tibétain pour Pékin

A voir la manière dont les forces de l'ordre françaises composant le dispositif de "protection" de la flamme olympique se sont employées avec une grande application et un indéniable savoir-faire qui ne s'improvise pas à adopter les pratiques de leurs collègues chinois, on se dit qu'il est des fraternités de "métier" qui transcendent les frontières quels que soient les types de société dès lors que le pouvoir qui les emploie sait judicieusement motiver le courage que donne l'uniforme et la proximité du groupe et laisser libre court à l'expression des instincts que l'on attribue faussement aux animaux.
C'est le cas tout spécialement du mimétisme flagrant que nous constatons entre le policier chinois en poste à Lhassa ou à Shanghaï, celui de Santiago du Chili aux grandes heures de l'ordre pinochesque, celui de Goslan, d'Abû Graib, du policeman blanc affecté aux banlieues noires du Cap de l'apartheid, celui de Kigali, du Paris de Charonne et maintenant de la flamme olympique. J'en passe et des meilleurs ou des moins bons, c'est selon les recruteurs, les donneurs d'ordre et ceux qui sont en charge de les sanctionner. 
Car une chose est certaine, les robocops qui arrachent le drapeau inoffensif du manifestant qui ne l'est pas moins, qui tabassent ouvertement  des citoyens qui ne menacent rien ou des journalistes qui font leur travail n'adoptent pas de telles manières sans y être au minimum autorisés et plus certainement invités. Dès lors, constatant que ce n'est pas le fait d'individus isolés, ne faut-il pas prendre le compliment qui leur a été adressé publiquement à cette occasion par l'autorité suprême supérieure, en l'occurrence le ministre, pour ce qu'il est et en conclure que notre république n'est pas seulement aphone sur les droits de l'homme mais en passe de les traiter "à la chinoise". 
Moralité, que ceux qui pensent ne rien craindre de la police parce qu'ils n'ont rien à se reprocher évitent  d'agiter un drapeau ou de scander quelques mots, même à voix mesurée, tant qu'ils ne sont pas certains que leur calicot et leur slogan sont à la gloire du pouvoir ou de ses obligés. Ne souriez pas. En abandonnant à la Chine l'organisation du passage de la flamme olympique à Paris, les dirigeants français ont démontré que la République n'est plus maître chez elle et que le modèle chinois s'en vient à grands pas... cadencés. En tous cas dans cette perspective, on est sûr que les foces de l'ordre chargées des rassemblements sur la voie publique est manifestement déjà formée... à la chinoise.
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Nos empreintes et bientôt nous même ne seront plus considérés comme un bien privé.

Les empreintes digitales, un bien privé?

L'expression "Ne plus s'appartenir" va prendre une nouvelle dimension dès que la notion de bien public va être appliquée à nos empreintes digitales, ce à quoi s'emploient les USA, le Canada, le Royaume-Unis et l'Australie. L'argument pour parvenir à cette notion antinomique postule que si nos empreintes digitales - et par extension notre ADN - sont effectivement personnelles, elles ne sont plus privées dès l'instant ou nous en laissons la trace hors de chez nous et par voie de conséquence que rien ne s'oppose à ce qu'elles soient communiquées, échangées, stockées, utilisées sans notre consentement par n'importe quelle autorité - officielle ou pas - nationale ou étrangère. Les vrais juristes, les purs humanistes et les gens de bon sens apprécieront cette interprétation toute en finesse et frémiront à l'idée des possibilités qu'elle ouvre en terme de traitement public de la vie privée et de l'usage qui peut être fait de ce qui nous est le plus personnel.
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La Chine assurée de la médaille d'or au JO de la censure sur Internet.

La censure d'internet déjà au coeur des JO de Pékin

S'il est un domaine où la censure est la plus tentée de s'exprimer, c'est en premier lieu dans les médias difficilement contrôlables. A ce titre Internet est le pire ennemi des pouvoirs autoritaires car il permet à chaque internaute d'écrire ce qu'il pense, sait  et voit et de lire ce que d'autres pensent, savent et voient, de sorte que les échanges et les informations qui y circulent sont riches, complémentaires et très difficilement instrumentables. Les dirigeants chinois qui ne sont rien d'autres que les anciens mandarins communistes relookés en patrons libéraux à la tête d'un vaste outil humain de production à tarifs hyper compétitifs, ont largement démontré que la censure fait partie intégrante de leur gouvernance. S'appuyant sur une tradition culturelle de contrôle et d'oppression de leur population, ils ne s'embarrassent pas de fioritures en la matière et ont donc du mal à comprendre pourquoi nous dénonçons ces méthodes qui par ailleurs permettent de maintenir "l'outil humain de production" à un niveau de service et de coût que nos dirigeants économiques apprécient.
De ce fait, la théorie qui voudrait que l'attribution des JO à la Chine soit une occasion d'y faire rentrer les droits de l'homme aura beaucoup de mal à démontrer son bien fondé, d'autant que nos dirigeants à nous ne cachent pas, au mieux leur passivité face aux délocalisations et au pire une certaine admiration du modèle chinois. De toute façon, à voir comment la Chine lors du passage de la flamme olympique à Paris, a imposé sur notre territoire sa conception du maintien de l'ordre et de la censure, on peut être certain que la portée des symboliques ou hypothétiques rappels occidentaux aux droits de l'homme n'ira pas au-delà des communiqués à destination de nos médias.
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Pas de frontières pour la police de Big Brother.

Vers un échange de données policières entre l'Europe et les Etats-Unis

Deux mois après le 11 septembre 2001, les États-Unis ont instauré l'Aviation and Transportation Security Act qui impose à toutes les compagnies aériennes dont les avions atterrissent ou décollent de ses aéroports de fournir les données PNR (Passenger Name Records) de leurs passagers. Les risques évidents soulevés par le Parlement européen concernant la protection de la vie privée et des données personnelles des voyageurs ressortissant des Etats membres de l'Europe se rendant ou transitant par les USA, n'a pas empêché la commission européenne puis le conseil européen (tous deux non élus) d'accepter le dispositif américain par la décision 2004/496/CE du 17 mai 2004 qui sera ensuite annulée le 30 mai 2006 par la cour européenne pour abus de compétence à conclure l'accord.
Les deux ans à peine qui nous séparent de cet épisode où on pouvait encore espérer que la protection des données personnelles de chaque citoyen suscitait quelques considérations, ont suffit à balayer les oppositions et à augmenter le nombre, la taille et la puissance des tentacules de la pieuvre Big Brother.
En effet, comme on pouvait s'y attendre, la commission européenne s'apprête à concéder bien plus encore que l'accord finalement intervenu en juin 2007avec les USA sur le dispositif PNR puisqu'elle est sur le point de donner aux services US l'accès aux bases de données policières européennes contenant les informations personnelles de chaque citoyen européen. Comme d'habitude, l'opération est cousue d'un fil aussi gros et blanc que le prétexte de la commodité de se passer des visas qui, comme par hasard venaient juste d'être réintroduits. La surveillance des voyageurs a pris le pas sur la traque des terroristes, ce dont nous ne doutions plus beaucoup. 
Ainsi, grâce à cet accord à venir, la commission européenne apporte sa seconde pierre à l'édification de la base de données mondiale juste après avoir préalablement constitué à dessein le fichier génétique européen
En attendant, la récente publication d'une enquête par la commission européenne semble venir à point pour justifier le bien fondé de l'accord. Elle indique en effet que le partage des données dans le but de combattre le terrorisme  par le contrôle des passagers sur les vols aériens serait considéré par 82% des sondés comme une nécessité  tout en concédant pour la forme que la majorité de ceux-ci estiment que cela doit se faire dans "des limites clairement définies" et ne concerner que des "personnes suspectes".
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L'armée du futur proche en préparation: des troupes de soldats zombies

Soldat sous haute surveillance

Voir ma chronique Les armées de demain: des troupes de soldats zombies pour mater les révoltes populaires ?
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De l'utilité de faire faire la sale besogne par les autres.

Les services secrets britanniques accusés de torture

Pour un Etat il y a deux manières de faire des actes illégaux ou moralement indéfendables sans en porter la responsabilité officielle: Les couvrir par la raison d'Etat ou le secret défense - si possible sans avoir à les invoquer publiquement - ou bien les faire accomplir par des supplétifs intérieurs ou extérieurs en veillant à ce qu'aucun liens concrets ou objectifs ne permettent d'impliquer le commanditaire.
Si malgré sa perte complète de crédibilité populaire, la première option reste une valeur sûre en terme d'étouffoir de vérités, la seconde offre une palette de possibilités qui ne cessent de grandir en proportion des moyens que permet le prétexte de la lutte contre le terrorisme. C'est ainsi que l'internationale du renseignement et des services spéciaux tisse entre ses membres des liens extra-nationaux échappant à tous contrôles et offrant la possibilité d'échanges de services dont les "prisons secrètes" de la CIA et leurs complicités européennes sont une illustration. C'est aussi le développement des officines de surveillance et de sécurité comme l'américain Blackwater dont les services permettent la réalisation d'opérations sans avoir à se salir les mains.
Dès lors, le simple fait que les services du MI5 aient fait arrêter au Pakistan, puis détenir et "interroger" des "suspects" britanniques par leurs homologues pakistanais, suffit à leur imputer la paternité du souhait du traitement musclé.
Nul doute que sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme et du double développement des coopérations internationales et des zones de non-droit dont bénéficient de plus en plus les services de renseignements, ce genre de sous-traitance de la terreur d'Etat va augmenter auprès de supplétifs extérieurs à la juridiction ou déjà réputés barbares... avec bien entendu la réciprocité. Tout ceci en attendant la mise en pratique et l'exportation de la récente jurisprudence américaine qui permettra en la matière de passer au-dessus du droit international.
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Le "traitement" chinois de la "subversion" séduit l'Union européenne. Censure et embastillage au programme.

L'UE criminalise l'incitation au terrorisme sur Internet

L'histoire n'a pas cessé de montrer que l'obstination d'un pouvoir politique à créer, à entretenir et à ne pas sanctionner des injustices flagrantes ou à installer une hégémonie autoritaire, finit toujours par mener les populations victimes sur la voie du désespoir qui conduit à la seule issue de la violence. C'est d'ailleurs en prévision de cette issue naturelle que ce genre de pouvoir s'entoure très tôt des instruments de surveillance, de contrôle et de répression, comme s'il avait instinctivement la sensation d'être illégitime et donc en danger permanent. Ainsi, lorsque commencent à apparaître les dénonciations d'injustices, les révélations sur le comportement des dirigeants et la démonstration de leurs véritables intentions, ces derniers durcissent le ton et n'hésitent souvent pas à actionner les ressorts de la peur pour stopper la contagion de ceux qui font état de la réalité. Pour cela l'amalgame de l'évocation répulsive d'une forme non historique du terrorisme et la mise en place de lois sur mesure sont des valeurs sures qui permettent en fait de justifier la censure et la mise à l'écart des éclaireurs de réalités. Autrefois, cela s'appelait le délit de lése Majesté, aujourd'hui en Chine cela s'appelle le délit de subversion, ailleurs celui de conspiration et l'Europe adopte donc celui d'incitation au terrorisme, formule suffisamment floue et large pour y englober rapidement la dénonciation des injustices ou de l'étau autoritaire menés ou couverts par un Etat, lesquels sont les premiers vecteurs de la rébellion et donc.... un ferment de terrorisme dans la phraséologie dirigeante.
Comme d'habitude l'argument politique et technique qui justifie la mise en place du cadre juridique repose sur du sable car le premier imbécile venu conviendra que le secret, les précautions et le cloisonnement sont le B.A BA des vrais professionnels poseurs de bombes (et des vrais résistants) et que l'Internet hyper surveillé est bien l'endroit le moins "sécurisé" pour ce genre d'entreprise. Pour ceux qui en doute, il suffit d'imaginer un instant l'incongruité (ou le piège grossier) en 1943 que présenterait un article signé ou un encart publicitaire dans un journal contrôlé par la propagande de l'occupant expliquant comment rejoindre le maquis, organiser le déraillement d'un train, à quel endroit ou filière se fournir de l'explosif, ou les manières de recruter des résistants alors qu'une feuille de choux clandestine ne s'y risquerait même pas.
C'est donc bien l'information libre, les liens citoyens qui se tissent et la pertinence des analyses qui foisonnent sur l'Internet qui semblent visées à terme par cette disposition pénale dont les deux objectifs logiques seraient d'offrir la possibilité d'embastiller ou de bâilloner les dénonciateurs de responsables des malheurs en cours et à venir, et d'interdire aux autres de leur emboîter le pas.
Par contre, ce n'est évidement pas le cas de l'incitation à la guerre puisqu'elle prend toujours sa source dans les sphères dirigeantes comme le rappelait à Nuremberg Hermann Goering avec une désarmante franchise: “Naturellement, l’homme du peuple ne désire pas la guerre, mais après tout, c’est aux décideurs du pays de déterminer les directions. Et il est toujours très facile d’y entraîner le peuple, qu’il s’agisse d’une démocratie, d’une dictature fasciste, d’un parlement, ou d’une dictature communiste. Qu’il ait droit de paroles, ou non, le peuple peut-être facilement plié à la volonté des décideurs. Vous n’avez qu’à lui dire qu’il est attaqué, et vous accusez ensuite les pacifistes d’exposer leurs pays au danger, par leur manque de patriotisme. Ça fonctionne de la même façon dans tous les pays.".
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Paul-Vincent PAQUET© Avril-Mai 2008
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