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Actualisée le 28 août 2008


LE POINT SUR L'AVANCÉE DE LA MONDIALISATION - Juillet-Août 2008 -
Concentration économique -  Délocalisation - Pouvoirs supra-nationaux - Néo-Libéralisme -  

La revue de presse qui est mise à jour régulièrement est une sélection personnelle.
Des assistantes sociales défendent leur droit au secret professionnel

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La revue de presse - Mondialisation 2007
La revue de presse - Mondialisation 2008 - 1er semestre

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- Les Européens persuadés que la triche est devenue la règle
- Délocalisations: le Sud de la Chine menacé
- Les révoltes de la faim, conséquences naturelles de la mondialisation
- Elites et grand public ont peu confiance dans la mondialisation, selon un sondage
- Les salaires chinois jugés trop élevés par Adidas
- Des ghettos moscovites pour travailleurs immigrés
- Russie-Georgie: «Nous ne laisserons jamais l'Otan s'installer» et Géorgie : les Russes pas pressés de s'en aller
- La SNCF délocalise au Maroc ses activités de facturation du fret

Nos sociétés mondialisées ne sont pas régies par la loi du plus fort mais par la loi des médiocres.

Les Européens persuadés que la triche est devenue la règle

On affirme à tort que nos sociétés mondialisées sont régies de plus en plus par la loi de la jungle et la règle du plus fort qui obtiendrait ainsi la légitimité et le droit de mettre sous sa coupe le secteur d'activité où il plante ses crocs, qu'il soit économique, financier, politique, social et même culturel, religieux ou scolaire. Si la réalité montre que le règne des prédateurs-fous est effectivement arrivé, elle oblige aussi à constater qu'ils ne doivent pas leurs conquêtes emprise à la force telle qu'on l'entend naturellement, c'est à dire de meilleur, mais à la manipulation, la perversité, les jeux d'illusions, les pouvoirs de l'ombre et la transgression des règles morales naturelles qui sont indissociablement liées à l'homo-sapiens civilisé ou pas. Bref le règne de ces prédateurs est bâti sur le système de l'inversion en toutes choses, de la lâcheté, du mensonge, de la fausse légitimité et de l'escroquerie, autant de "qualités" qui sont les attributs des faibles et des médiocres.
Le problème pour notre avenir proche et celui de nos enfants - donc de l'humanité entière - est que l'acceptation active ou même passive de la fatalité de ce système entraîne inéluctablement, non seulement notre asservissement programmé et l'anéantissement à terme de 90% d'entre nous, mais surtout la marginalisation et la perte d'identification des véritables humains forts dont la destruction nous prive de la seule force vitale à l'insoumission dont Gide disait qu'elle est la seule issue pour sauver le Monde.
Pensons-y en réagissant à la prochaine injustice à coté de chez nous car il se pourrait bien que la victime soit l'un de ces hommes forts dont notre silence, notre lâcheté et notre soumission au "tant que ce n'est pas moi" ne condamnent celui dont la lumière et la force nous fera cruellement défaut au moment où nous en aurons le plus besoin.
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Le cycle des délocalisation conduit-il l'humanité à l'esclavage ?

Délocalisations: le Sud de la Chine menacé

Le choix d'une région susceptible d'accueillir une délocalisation dépend des bas coûts de main d'œuvre qui s'y pratiquent, de la présence d'un minimum d'infrastructures de transports et de communications et de la volonté d'accueil du pouvoir politique local. Ce dernier point est évidement capital puisqu'il garantit que ce pouvoir politique a fait le nécessaire pour encadrer et "motiver" ses sujets à accepter les conditions de travail et de rémunération qu'exigent les entreprises qui veulent y installer leur production. Le problème est que pour "motiver" les troupes de salariés il faut leur faire miroiter les charmes de l'économie du marché occidental et tout le bénéfice financier que chacun y trouvera rapidement s'il joue le jeu. Or, au bout de quelques années d'abnégation et de docilité, le salarié local constate inévitablement que le retour sur investissement est très faible et qu'en tous cas la participation aux gains réalisés grâce à lui reste dans la poche de son employeur. C'est à ce stade que la délocalisation devient beaucoup moins intéressante et qu'il est urgent d'envisager de se.... délocaliser ailleurs car il n'existe pas de population qui accepte indéfiniment de travailler plus pour ne rien gagner.
Les délocalisations suivent donc un cycle dont chaque étape les conduit dans des régions de plus en plus pauvres où elles s'installent en vendant de l'espoir et qu'elles quittent en laissant une terre brûlée en plus du désespoir. Comme les derniers pays les plus pauvres seront bientôt les derniers à recevoir les délocalisations, que la somme des floués finit rapidement par couvrir toute la planète et que la misère qui se répand partout conduit à subir à peu près tout, il se pourrait bien qu'à la fin des cycles des délocalisations la majeure partie de l'humanité soit en situation de détresse matérielle telle qu'elle puisse être réduite à l'esclavage. Il se pourrait bien hélas également que cette conclusion de pure logique ne soit pas une vision paranoïaque mais la clé qui donne la finalité de ce nouvel ordre mondial auquel oeuvrent avec un acharnement suspect tous les dirigeants politiques, financiers et économiques.
Lire en complément, une illustration de ce cycle de délocalisations:
ADIDAS, le modèle d'un nouvel ordre mondial... de négriers
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L'arrêt de la spirale de la famine passe par la souveraineté alimentaire des pays.

Les révoltes de la faim, conséquences naturelles de la mondialisation

La lecture de cet excellent article donne les clés de la situation alimentaire mondiale actuelle et son funeste devenir qui résulte de la politique de préparation à la mondialisation opérée depuis quelques décennies par les orientations du GATT, de l'OMC et de la Banque Mondiale, les accords internationaux de libre-échange, les plans d’ajustement structurels imposés par le FMI, la fixation des prix des denrées par les cours mondiaux qui reposent sur des perspectives spéculatives et la complicité active des dirigeants politiques nationaux qui ont sacrifié des pans entiers de la souveraineté de leurs nations. Tous ont en effet en commun d'avoir oeuvré à la fin des autonomies politiques et économiques nationales, à l'abandon de leur souveraineté alimentaire pour forcer à dépendre de l'extérieur et à la suppression des frontières de leurs Etats. Sans cela, il est évident que la mondialisation ne pouvait mettre les pays - riches et pauvres - dans une situation telle qu'ils pouvaient être aisément privatisés au profit des grands groupes financiers et économiques dont le seul objectif est de capter la richesse mondiale.
En proposant de "reconstruire la souveraineté alimentaire et industrielle des Etats" cet article donne également la seule solution "pour sortir d’une logique de concurrence et s’engager dans une logique de coopération et de solidarité" qui garantie que chacun puisse manger à sa faim. La réalisation urgente de ceci implique évidement l'obligation pour les peuples de se débarrasser de leurs dirigeants et des organismes mondialistes dont la fonction réelle n'a rien à voir avec la légitimité symbolique qui a permis leur création et donc de redonner à l'économie sa seule fonction qui est de satisfaire au mieux les besoins des peuples.
Voir aussi mes commentaires:
Pénuries alimentaires programmées et fabrication de "bouches inutiles".
L'offre des technocrates: La famine par la pénurie des denrées ou par leurs prix trop chers.
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Pour les élites la mondialisation ne va pas assez loin et pour les autres.... ça ne va pas du tout.

Elites et grand public ont peu confiance dans la mondialisation, selon un sondage

On sait que les résultats et les interprétations des sondages doivent être tempérés par la forme et le sens des questions posées aux sondés et les réponses qu'ils y donnent. De ce fait si ce sondage constate que la mondialisation n'inspire pas beaucoup de confiance aux élites et encore moins au reste de la population, il ne faudrait pas en conclure qu'ils s'accordent sur son rejet, bien au contraire. En effet, pour résumer grossièrement les premiers trouvent qu'elle ne va pas assez vite ou assez loin tandis que les seconds constatent qu'ils n'y gagneront rien de bon comme le confirmait déjà un autre sondage de fin 2006 qui révélait que la moitié des français estimait ne pas être à l'abri de devenir SDF. Gageons que l'élite des élites s'appuiera sur le sentiment des premiers pour accélérer un peu plus la mise en place de la mondialisation et que les seconds répondront bientôt à 100% aux futurs sondages sur la question par la certitude que le système mondialiste leur est carrément néfaste et que l'Union européenne en est l'un des "outils" les plus efficaces. Gageons aussi que ces futurs sondages ne seront pas rendus publics. 

Voir aussi la chronique: Le spectre du SDF
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ADIDAS, le modèle d'un nouvel ordre mondial... de négriers.

Les salaires chinois jugés trop élevés par Adidas

Voici un exemple parfait qui illustre le critère principal qui détermine la fin d'une période dans le cycle des délocalisations dont j'ai précédemment tracé succinctement l'existence, les paramètres et l'issue. Cet exemple est d'autant plus remarquable qu'Adidas - tout comme Nike ou Reebok sur le même secteur - représente un modèle très proche du système d'entreprise mondialiste tel que le conçoivent et le souhaitent les élites philosophiques, financières et économiques de la globalisation. En effet, si le modèle traditionnel d'entreprise s'évaluait par sa capacité propre de production, il en est tout autrement dans le système mondialiste où l'entreprise n'est plus une structure productive mais une structure construite pour capter des gains financiers. Ainsi, ce ne sont plus le nombre de salariés, la propriété et la taille de ses usines ou de ses bureaux qui étalonnent l'importance, la force, la longévité et la fortune d'une entreprise, mais sa capacité à externaliser ses productions et à ne posséder qu'une direction qui fixe les objectifs de rentabilité et orchestre des unités restreintes de recherche, de marketing, de conception-desing, de gestion commerciale et de contrôle de la production externe. En d'autres termes, moins l'entreprise mondialiste possède d'usines, d'ateliers, de bureaux et de salariés, plus elle se servira des capacités productives et humaines que le nouvel ordre mondial politique lui ouvre dans des zones où les populations resteront ou deviendront corvéables et jetables à merci.
De ce fait, le modèle d'entreprise qu'on affiche à la une des journaux économiques, à qui on fait jouer la locomotive des indices boursiers et dont les dirigeants sont tant choyés par les gouvernants politiques avec qui ils partagent la même vision du monde et leurs vacances, n'est rien d'autre qu'un agent de développement et un usager d'un système mondial... négrier dont la finalité pourrait bien être d'asservir physiquement 90% de la population mondiale au service des 10% restants qui sont en train de leur capter les richesses et le porte-monnaie.  
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Bientôt des Algeco City à l'écart des villes pour les travailleurs de la mondialisation.

Des ghettos moscovites pour travailleurs immigrés

En matière de gestion du logement de crise, nous savons que le provisoire devient rapidement du définitif. C'est ainsi par exemple que beaucoup des cités d'urgence construites après l'hiver 1956 ont été ensuite affectées aux travailleurs immigrés ou à revenus très faibles. Certaines sont encore debout vaille que vaille compte tenu de la qualité de leur construction et des rafistolages successifs. L'autre particularité de la "réponse" des dirigeants au besoin de loger rapidement des populations économiquement utiles mais à très faibles revenus, est de les parquer dans des zones réservées qui deviennent rapidement des ghettos maintenus en l'état parce que leurs habitants sont considérés comme des indésirables utiles. Avec la mondialisation qui génère de plus en plus des déplacements de travailleurs précarisés, de moins en moins payés et forcés à ne plus être sédentarisés, ce type de gestion va incontestablement se développer au point qu'il est envisageable de voir se créer un urbanisme en marge des villes, complètement surveillé et contrôlé où sera parquée la main d'oeuvre selon les besoins. La Chine le réalise et la Russie s'y met maintenant avant que d'autres ne les suivent. Ce n'est probablement pas un hasard si nos villes et en particulier leur coeur sont actuellement l'objet d'une politique de rénovation dont le principal effet (objectif ?) est de chasser l'habitat populaire traditionnel.
Bref, les bonnes n'auront plus leur chambre et les Algecos ont un grand avenir devant eux. Quant à l'humanité.....
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Géorgie: La Russie n'est pas prête de respecter des accords obtenus par une Europe juge et partie.

Russie-Georgie: «Nous ne laisserons jamais l'Otan s'installer»
Géorgie : les Russes pas pressés de s'en aller

A l'instar d'un Sarkozy fasciné par l'Amérique, on sait que le président géorgien fait partie de ces dirigeants qui ont l'ambition d'imposer à leur pays un modèle qu'ils ont puisé ailleurs. En l'occurrence on a compris très tôt qu'il était très proche des élites bruxelloises au point que lors de son élection on s'est demandé jusqu'à quel point il n'en était pas un pion placé au coeur des fragments de l'ex URSS. En tous cas, il n'a jamais caché son intention d'être à la pointe des petits pays de l'ex URSS prêts à s'intégrer dans l'Union Européenne et plus largement dans la zone d'influence américaine de l'OTAN. Aussi, on ne pourra pas s'empêcher de penser que son tempérament impulsif n'est pas le seul moteur qui l'a poussé à se lancer imprudemment dans une impasse meurtrière en provoquant la Russie de Poutine ou en répondant à ses provocations. En effet, dans la course au leadership des zones géopolitiques du nouvel ordre mondial, les élites européennes sous influence du néo-conservatisme américain ont des arrières-pensées stratégiques (qui incluent également l'intégration de la Turquie) dont les moyens passent justement par ce genre de dirigeants qu'elles ont contribué à former à dessein. De là à envisager que l'initiative de cette bravade géorgienne ait été un peu suggérée par Bruxelles ne serait pas du domaine de l'absurde. Dans cette optique, il ne faut être surpris que la Russie considère les fameux accords obtenus par Nicolas Sarkozy comme quantité négligeable du fait même que l'arbitre ne peut être juge et partie.
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Une délocalisation perverse: L'externalisation des services.

La SNCF délocalise au Maroc ses activités de facturation du fret

La présentation de cette "délocalisation" prête à une confusion qui masque une autre réalité plus perverse qui devient une constante pour la plupart des entreprises d'une certaine taille. En effet, il ne s'agit pas en l'occurrence d'une délocalisation propre mais de l'externalisation d'un service, celui de la saisie des informations contenues dans les contrats. Pour être plus précis, cette externalisation consiste à confier à un prestataire extérieur - la société belge Fedaso - la réalisation d'une tache directement liée au fonctionnement de l'entreprise. C'est donc ce prestataire belge et non la SNCF qui délocalise l'activité en la faisant réaliser à très bas coût dans un centre approprié qu'elle a basé au Maroc afin de bénéficier d'employés peu payés, d'une réglementation du travail avantageuse et d'une fiscalité légère.
Si ce genre de sous-traitance en cascade des fonctions internes des grandes entreprises entraîne le "saucissonnage" de leur organisation en les réduisant à des coquilles financières délestées des pertes et des frais de fonctionnement, il implique aussi l'abandon de la "culture d'entreprise" qui permettait aux "salariés maison" de pallier aux erreurs ou de les rectifier grâce à la communication interne entre les différents services. C'est donc la probabilité d'une augmentation exponentielle des contentieux à laquelle la filiale Fret de la SNCF devrait se trouver confrontée dans la mesure où quels que soient les systèmes de contrôle mis en place, personne ne pourra débusquer et corriger les erreurs de saisie parfaitement compréhensibles que fera un employé payé à la frappe et qui ne connaît ni le métier du transport, ni le pays, ni l'entreprise, ni le client. Suivant la logique des externalisations de services, ces contentieux seront également prochainement très certainement "gérés" par des employés anonymes payés au dossier dans des "plate-formes" basées en Afrique ou en Asie. Autant dire que les clients ont intérêt à prendre une bonne assurance risques en veillant toutefois à ce que sa gestion de sinistres ne soit pas externalisée à Bamako ou à Kouala Lompour.
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Paul-Vincent PAQUET - © Juillet-Août 2008
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